dimanche 22 septembre 2013

Moby Dick, l'un des "plus grands romans jamais écrits"

"Un des plus grands romans jamais écrits, Moby Dick, commence par un florilège de citations au sujet de la baleine et continue, truffé d'allusions, à la Bible comme à Homère, à Shakespeare..." C'est par ces mots que Dominique Fernandez commence son article consacré à Melville dans l'Art de raconter.
L'un des plus grands romans jamais écrit : on utilise souvent le superlatif lorsqu'on évoque une oeuvre qu'on aime mais voilà pour une fois un superlatif plus que mérité. Moby Dick est une somme, un roman cosmique qui embrasse l'aventure, la réflexion philosophique, la critique sociale, la quête métaphysique, le rapport au savoir...
Melville en proie à une sorte d'état second mettra moins d'un an à écrire ce livre fabuleux qui, de son vivant ne rencontrera que très peu de succès.
On peut avec Marie-Hélène Sabard citer Jorge Luis Borgès qui, avec sa pertinence habituelle, résume ainsi le roman : "Page, après page, le récit s'agrandit jusqu'à atteindre les mesures du cosmos : au début, le lecteur peut supposer que le sujet en est la vie misérable des chasseurs de baleines; puis il croit que le thème est la folie du capitaine Achab dont l'idée fixe est d'attaquer et tuer la baleine; et il réalise enfin  que la baleine et Achab et cette poursuite qui n'en finit pas sur les océans de la planète sont des symboles et des miroirs de l'univers." (citation, p. 39 de l'adaptation de M.H. Sabard, l'école des loisirs, 2010).
Une telle lecture ne se fait pas avec pour unique motivation de dévorer une histoire, il faut plonger dans Moby Dick avec deux certitudes : celle qu'il s'agit d'un chef d'oeuvre qu'on n'épuisera pas au bout d'une seule lecture, celle qu'on ressortira de cette lecture enrichi d'une expérience qu'au final bien peu de livres peuvent nous procurer. Toute la difficulté du lecteur qui se retrouve avec un tel livre entre les mains c'est de se montrer à la hauteur de son interlocuteur. Tout un programme...

Niveaux : 4e/3e pour l'édition abrégée (L'école des loisirs, 2010)
Lycée : on pourra opter pour la traduction d'Armel Guerne, rééditée chez Phébus en 2011.

Les lycéens littéraires tireront le plus grand profit des réflexions de Dominique Fernandez exposées dans L'Art de raconter (Livre de poche, 2006).
On leur recommandera également les essais d'Armel Guerne intitulés L'Âme insurgée et consacrés au romantisme - deux de ces essais évoquent Melville avec une grande intelligence -, Points Seuil, 2011.

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