samedi 26 juin 2010

Journal d’Aurore, Tome 1 : jamais contente.

Journal d’Aurore, Tome 1 : jamais contente.
Auteur : Marie Desplechin

Résumé : aurore, adolescente comme les autres, a décidé de tenir un journal. Elle le fait pour s’occuper la tête, sans but précis. Où si, en passant devant le rayon livre du super marcher : elle à eu une idée : se faire publier. Où même faire un film avec son carnet. Mais, je cite « je me demande quel genre de film on peut faire avec une vie où ile ne se passe rien. Genre la mienne. Une sorte de documentaire animalier, j’imagine. La vie du rat-taupe sur les plateaux d’Abyssinie. En moins palpitant. » Alors sur ce petit cahier elle commence à noter toutes ses journées. Elle parle de ses sœurs, l’une intello de service dites Sophie-la-parfaite, accro à Harry Potter, et la seconde, Jessica, surnommée Jane d’Arc. Débutent ainsi les aventures d’Aurore, entre sa prof de maths complètement gaga de sa petite sœur, avec ses parents totalement incompréhensifs (normal, pour des parents), et aussi avec Mlle Jane d’Arc qui veut se faire percer la langue. Et puis avec les garçons aussi… rien d’extraordinaire en somme mais raconter avec humour et simplicité.

Mon avis : un livre bien sympathique qui, sans m’avoir empêché de dormir, m’a fait rire et sourire. Un petit roman facile à lire, à conseiller à celles qui ne sont pas des fanas de livre ou, simplement, qui ont envie de se prendre un peu de bon temps.
Extrait : Contexte: la famille est en vacances au bord de la mer. Aurore ado rebelle et finalement assez mal dans sa peau refuse bien évidemment de se prêter avec entrain à ces vacances familiales, reste assise sur sa serviette à la plage, sweat à capuche rabattu sur la tête, ne daignant pas se mettre en maillot, encore moins se baigner. Sa mère revient de sa baignade et lui parle de la température de l'eau.
" -Elle est délicieuse, dit-elle.
J'adorerais qu'un jour elle dise:"Elle est dégueulasse." Mais non, c'est "délicieuse". Pour l'éternité. Pardonne-moi, chère mère, d'avoir ma propre idée du délice. Et laisse moi te dire qu'il n'est pas encore né celui qui me fera tremper dans de l'eau salée.
-Elle est glaciale, c'est ce que j'ai répondu.
-Tu exagères. Un tas de gens se baignent...
-Ce ne sont pas des gens.
-Pardon?
-Ce sont des otaries.
Là en général, elle laisse tomber. Elle est incapable de s'adapter aux arguments inattendus."

Alice Degremont
5e-4e

jeudi 10 juin 2010

L'autruche

Qu'est-ce qui, chez les quatrièmes 2, provoque cette fascination mimétique pour l'autruche ? Serait-ce l'air inspiré de l'animal, comme en témoigne la photo, ci-dessus - elle me fait penser à quelqu'un ? Ou est-ce l'amour de la littérature. Prévert immortalise le splendide volatile dans l'un de ces contes. En voici la fin :

L’AUTRUCHE
Ne m’appelle pas Madame, ça me fait mal aux ailes, appelle-moi Autruche tout court.
LE FILS POUCET
Oui, Autruche. Mais tout de même, ma mère, n’est-ce pas ?
L’AUTRUCHE, en colère
N’est-ce pas quoi ? Tu m’agaces à la fin et puis, veux-tu que je te dise, je n’aime pas beaucoup ta mère à cause de cette manie de mettre toujours des plumes d’autruche sur son chapeau…
LE FILS POUCET
Le fait est que ça coûte cher… mais elle fait toujours des dépenses pour éblouir les voisins.
L’AUTRUCHE
Au lieu d’éblouir les voisins, elle aurait mieux fait de s’occuper de toi, elle te giflait quelquefois.
LE FILS POUCET
Mon père aussi me battait.
L’AUTRUCHE
Ah! Monsieur Poucet te battait, c’est inadmissible. Les enfants ne battent pas leurs parents, pourquoi les parents battraient-ils leurs enfants ? D’ailleurs, Monsieur Poucet n’est pas très malin non plus, la première fois qu’il a vu un oeuf d’autruche, sais-tu ce qu’il a dit ?
LE FILS POUCET
Non.
L’AUTRUCHE
Eh bien, il a dit : « Ça ferait une belle omelette ! »
LE FILS POUCET, rêveur
Je me souviens, la première fois qu’il a vu la mer, il a réfléchi quelques secondes et puis il a dit : « Quelle grande cuvette, dommage qu’il n’y ait pas de ponts. » Tout le monde a ri mais moi, j’avais envie de pleurer, alors ma mère m’a tiré les oreilles et m’a dit : « Tu ne peux pas rire comme tout le monde quand ton père plaisante ! » Ce n’est pas ma faute mais je n’aime pas les plaisanteries des grandes personnes…
L’AUTRUCHE
… Moi non plus, grimpe sur mon dos, tu ne reverras plus tes parents mais tu verras du pays.

– Ça va, dit le petit Poucet et il grimpe.
Au grand triple galop, l’oiseau et l’enfant démarrent au triple galop, c’est un très gros nuage de poussière. Sur le pas de leur porte, les paysans hochent la tête et disent : « Encore une de ces sales automobiles ! Mais les paysannes entendent l’autruche qui carillonne en galopant : « Vous entendez, disent-elles en se signant, c’est une église qui se sauve, le diable court sûrement après. » Et tous de se barricader jusqu’au lendemain matin, mais le lendemain l’autruche et l’enfant sont loin.

Jacques PRÉVERT, Contes pour enfants pas sages, in Histoires et d’autres histoires, Gallimard, coll. « Folio Junior », 1977.