vendredi 8 janvier 2010

Camus est mort il y a cinquante ans


Camus est l'un des grands écrivains français du XXe siècle. Né en 1913 en Algérie, il est mort le 4 janvier 1960 dans un accident de voiture. On étudie peu Camus au collège parce que son oeuvre est jugée difficilement abordable.
Je suis néanmoins certain qu'elle peut intéresser certains d'entre vous.

Quelques clés :
Camus est d'abord connu pour avoir écrit un cycle sur l'absurde.
L'absurde c'est le constat que la vie n'a pas de sens. Camus écrit donc, sur ce premier constat, trois oeuvres. Un essai philosophique, Le Mythe de Sysiphe, un très beau roman, L'Etranger et une pièce de théâtre remarquable Caligula.

Vous pouvez lire l'Etranger, vous serez certainement déconcertés par le personnage, Meursault, le narrateur, qui semble vivre effectivement comme un "étranger" en ce monde. Il écrit à la première personne, mais n'exprime jamais ses sentiments.
Le roman commence comme ceci :
Aujourd'hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. J'ai reçu un télégramme de l'asile: «Mère décédée. Enterrement demain. Sentiments distingués.» Cela ne veut rien dire. C'était peut-être hier.
L'asile de vieillards est à Marengo, à quatre-vingts kilomètres d'Alger. Je prendrai l'autobus à deux heures et j'arriverai dans l'après-midi. Ainsi, je pourrai veiller et je rentrerai demain soir.


A la suite de cet ensemble, Camus a écrit un deuxième cycle, qu'on appelle "cycle de la révolte". Camus y explique que si ce monde est absurde, l'homme y a malgré tout un devoir : se révolter contre les injustices et les maux qui l'affligent.
Il rapporte le fruit de ses réflexions dans L'Homme révolté, un très bel essai qui condamne les régimes totalitaires dont l'Union soviétique. Cet essai lui a valu beaucoup d'ennemis. A côté de sa pièce, Les Justes, il produit un autre grand roman, La Peste, dans lequel le mal prend les traits d'une épidémie de peste. Face à ce fléau, le docteur Rieux et les habitants d'Oran s'organisent. Le roman est magnifiquement écrit et mérite qu'on s'arrête ici où là pour réfléchir.
Chacun des personnages incarne une façon de réagir au mal et à l'injustice mais nous pouvons aussi nous retrouver dans tous les personnages à la fois. Quoiqu'il en soit, les personnages se révèlent dans leur façon d'agir, ils sont justes, courageux, solidaires, modestes, crédules, désespérés ou lâches et profiteurs. Ils se construisent par leurs actes, en ce sens Camus est parfois qualifié d' "existentialiste".

Camus reçoit, en 1957, le prix Nobel de littérature, une distinction décernée par un jury de Stockholm et qui veut souligner la valeur d'une oeuvre pour l'ensemble de l'humanité.
Son plus beau roman est, à mon sens, La Chute, une machiavélique histoire de culpabilité et d'impossible rédemption. Il vaut mieux lire ce roman au Lycée. Vous pouvez par contre lire le dernier roman de Camus, un roman autobiographique, Le premier homme. Camus était en train de l'écire au moment où il a trouvé la mort, dans un accident de voiture. L'oeuvre est inachevée mais constitue un émouvant témoignage sur la jeunesse de l'auteur en Algérie.
Camus était né dans un milieu très pauvre, son père est mort alors qu'il n'avait qu'un an, pendant la guerre 14-18 - vous pouvez vous recueillir sur sa tombe au cimetière Saint-Michel, à Saint-Brieuc, à gauche en entrant - et sa mère vivait en faisant des ménages ou un peu de coutûre pour les autres. Camus doit beaucoup à l'école, à son instituteur qui a très vite deviné en lui une personnalité d'exception. Il est sans conteste l'un des grands humanistes de ce temps et dans un siècle qui a connu les pires abominations, ce n'est pas rien!

2010 est l'année Camus, ne passez pas à côté.

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