lundi 5 avril 2010

Ce que j'ai vu et pourquoi j'ai menti

New York, 1947. Evie, la narratrice vit dans le Queens avec sa mère, son beau-père Joe Spooner, récemment revenu d'Europe après y avoir combattu dans les armées alliées et l'atroce mère de ce dernier, "Glam". Un coup de téléphone insistant, (menaçant?) semble décider Joe à conduire sa petite famille en vacances, sans "Glam" - soulagement ! Direction, la Floride, Palm Beach, ville désertée en cette saison de l'année. Un petit hôtel sans prétention est ouvert. Les Spooner font la connaissance d'un autre couple, les Grayson. Et un ancien soldat qui a connu Joe en Europe, Peter Coleridge, s'incruste. Très vite Evie tombe amoureuse de lui, elle n'a que quinze ans, et manque d'assurance. Sa mère lui semble la plus belle femme du monde alors qu'elle-même...
Désoeuvrement, plaisirs faciles, la famille qui ne devait rester que quelques jours prolonge son séjour en Floride, dans une atmosphère de moiteur et de rêverie trouble, Evie découvre que l'univers des adultes et sa propre famille ne sont pas ce qu'elle croyait.
Ce que j'ai vue et pourquoi j'ai menti est un étrange roman. L'écriture fluide, elliptique fait penser à celle de Truman Capote, le grand romancier du sud. Le rythme, lent au début, fait douter qu'on ait affaire à un roman pour la jeunesse. Il semblerait, d'ailleurs que les éditeurs aient hésité. Il s'agit quoiqu'il en soit d'un très bon roman sur le thème de la désillusion, riche, bien écrit et dont l'atmosphère pesante ne peut manquer de marquer son lecteur.
Le livre a aussi une dimension politique et propose, sur le racisme et l'héroïsme une réflexion qui n'est pas dénuée de subtilité. Excellent roman pour bon lecteur.
Le site de l'auteur Judy Blundell (qui a aussi fait des novélisations de La Guerre des étoiles, sous le pseudo. de Judy watson) : http://www.judyblundell.com/

Niveau : 3e - 2de

Les fonctions grammaticales

1/ Par rapport au nom
- Épithète : adjectif (ou participe passé) qui caractérise un nom. Peut être "liée" c. à d. placé à coté du nom ou "détachée" (apposé) c. à d. éloignée, dans la phrase, du nom.
Tabatha avait du mal à porter son énorme sac.

"énorme" est épithète de "sac" (épithète liée).
- Complément du nom : mot introduit par une préposition qui détermine le nom. Placé en principe à côté du nom.
Les crachats d'Aurore n'allaient pas très loin.
"d'Aurore" est complément du nom "crachats".
- Complément de l’antécédent (on peut dire complément du nom) ne concerne que les subordonnées relatives.
Les garçons qui avaient dépensé tout leur argent n'ont pas pu s'offrir un petit-déjeuner.
La subordonnée en gras est complément de l'antécédent "garçons".

2/ Par rapport au sujet (quelle que soit sa classe grammaticale).
- L’Attribut : fonction particulière : sert à caractériser le sujet du verbe par l’intermédiaire d’un verbe d’état : Guillaume semblait bien fatigué, après sa nuit passée à bavarder.
"fatigué" est attribut du sujet Guillaume.
Le sujet peut aussi être un infinitif :
Souffler n'est pas jouer.
Pour l'attribut du COD, voir leçon consacrée à l'attribut.

3/ Par rapport à l’adjectif
- Complément de l’adjectif (même construction que pour le complément du nom) :
Rachel est capable de se taire.
"de se taire" est complément de l'adjectif "capable".
- Complément du comparatif (rappel : le comparatif est une construction grammatical qui utilise les locutions "plus que", "moins que", "aussi que" pour établir une comparaison :
Céline est plus adroite qu'Emmanuel au bowling.
"qu'Emmanuel", dans cette phrase est complément du comparatif, "plus adroite"

4/ Par rapport au verbe
- Sujet (nom, pronom, infinitif, proposition) ; le sujet est l'auteur de l'action rapportée par le verbe, il répond à la question "qui est-ce qui...?" (ou qu'est-ce qui" ?) posée à partir du verbe ?
Laurie danse très bien.
Qui est-ce qui "danse"? Laurie = sujet de "danse"
- COD (nom, pronom, infinitif, proposition), répond à la question qui ? ou quoi ?
Margaux a effacé ses photos.
Margaux a effacé quoi? "ses photos" - "ses photos" = COD de "a effacé".
- COI , (nom, pronom, infinitif, proposition), répond aux questions à qui ? à quoi ? de qui ? de quoi ? Introduit le plus souvent par "à" ou "de"
Stanislas n'a pas résisté au mal de mer.
Stanislas n'a pas résisté à quoi? au mal de mer - "au mal de mer " = COI de "a résisté"
- COS, répond aux questions à qui ? à quoi ? de qui ? de quoi ? dans une phrase qui contient un COD
Mathilde a offerts des cadeaux sa soeur.
Mathilde à offerts quoi? des cdeaux (COD), à qui? à sa soeur (COS) - "à sa soeur" = COS de "a offert"
- Compléments circonstanciels de temps, de lieu, de manière, de moyen, de but, de condition, d’accompagnement, de cause, de conséquence, de concession ou d’opposition, de comparaison…
Ce sont des compléments introduits par une préposition et qui (souvent) peuvent être supprimés ou déplacés. Certains CCL sont essentiels.
Marine va à la piscine.
"à la piscine", CCL, est indispensable au verbe aller.
Mais la plupart des CC peuvent être supprimés.
Matthieu a corrigé le QCM d'Angèle avec sévérité.
Le CC de manière "avec sévérité" n'est pas indispensable.
- Complément d’agent : c’est le complément d’un verbe à la forme passive. Introduit par « de » ou « par ».
- Le professeur a, très injustement, pulvérisé le crayon de Rachel (phrase active avec sujet + verbe + COD)
- Le crayon de Rachel a, très injustement, été pulvérisé par le professeur (phrase passive avec sujet + verbe à la tournure passive et complément d'agent - "par le professeur").

Ill. La Grammaire impertinente de J.L. Fournier peut-être une façon de se réconcilier avec la grammaire, L'auteur s'est amusé à inventer des exemples loufoques ou à conjuguer des verbes inattendus. Pas question pour lui d'utiliser le verbe "chanter" comme modèle des verbes du premier groupe, il lui préfère le verbe "péter" dont l'imparfait du subjonctif ("que je pétasse...") se retient bien mieux.