lundi 24 décembre 2012

Un poème de T. Gautier pour Noël

Publié d'abord en revue sous le titre, le "Jésus des neiges" (1863), le poème sera intégré à Emaux et camés et intitulé "Noël" dans les dernières éditions. Gautier y a recours à son vers fétiche, l'octosyllabe et ne craint pas l'imagerie d'Epinal : nostalgie, ironie ? Sait-on jamais avec le facétieux Théophile?

Le ciel est noir, la terre est blanche ;
— Cloches, carillonnez gaîment ! —
Jésus est né ; — la Vierge penche
Sur lui son visage charmant.

 Pas de courtines festonnées
Pour préserver l’enfant du froid ;
Rien que les toiles d’araignées
Qui pendent des poutres du toit.

 Il tremble sur la paille fraîche,
Ce cher petit enfant Jésus,
Et pour l’échauffer dans sa crèche
L’âne et le bœuf soufflent dessus.

La neige au chaume coud ses franges,
Mais sur le toit s’ouvre le ciel,
Et, tout en blanc, le chœur des anges
Chante aux bergers : « Noël! Noël! ».
 '
 Théophile Gautier, Emaux et camées, 1872.

Ill; : Nativité (Adoration des bergers) d'Hugo Van der Goos

L'adverbe

1. Définition :

En fait l'adverbe est une catégorie de mots un peu fourre-tout qu'il est difficile de définir par des critères purement formels : on se contentera donc de l'habituelle définition qui consiste à dire que l'adevrbe est un mot qui a pour fonction de préciser le sens
- d'un verbe : Il va lentement;
- d'un autre adverbe : Il va très lentement;
- d'un adjectif : Elle est très jolie;
- d'une phrase : Souvent, les marins s'amusent avec les albatros.

2. L'adverbe tout :

C'est l'exception qui confirme la règle : il n'est pas toujours invariable et notamment dans les GN ou GA féminins, il prend la marque du féminin.
Il est tout honoré.
Elle est toute honorée.

3. Les adverbe en -ment

Ceux dont le suffixe -ment est précédé d'un e caduc (muet) sont formés sur un adjectif féminin :
ronde : rondement
vive : vivement

Les autres sont formés sur la base du masculin qui constitue un indice orthographique
élégant : élégamment
prudent : prudemment

mardi 4 décembre 2012

La Reine du Niagara de Chris Van Allsburg

Un album tout à fait étonnant de Van Allsburg, sorti en novembre dernier à l'école des loisirs, Vans Allsburg est l'auteur de Pôle Express, Harris Burdick... Plein de choses merveilleuses. Son dessin est magnifique, il rappelle un peu Hopper.


http://www.ecoledeslettres.fr/blog/litteratures/la-reine-du-niagara-de-chris-van-allsburg/


Niveau : CM2-collège

dimanche 14 octobre 2012

Chapitre "Sonnets" de Louise Labé

Louise Labé, Sonnets, éd. de référence : GF 

Problématique : Comment les idéaux de la renaissance se manifestent-ils dans la poésie de Louise Labé ?

1. Histoire littéraire : L’école de Lyon
Lecture cursive : chap. "La Pléiade", "Le dizain", "Le Sonnet" in Poésie, rhétorique, registres… (sur Stocklii ou au CDI)

2. Le sonnet : une forme à lire et à dire
Le sonnet régulier et l’utilisation du décasyllabes .
Etude du sonnet XIV

3. Pétrarque et le pétrarquisme .
- L’hommage à Pétraque : le sonnet d’ouverture .
- Un pétrarquisme de convention : étude d’un sonnet de Pétraque et de ses réécritures (le sonnet III entre autres)
- Lecture cursive d’un extrait de Longs désirs de F. Weinberg et de L’Ascension du Mont Ventoux de Pétrarque.
- Etude du sonnet VII

 4. Une poésie lyrique
- Etude du sonnet VIII
- La rhétorique de l’amour
- Prolongement : la poésie amoureuse au XVIe siècle.
Sujets d’exposés : Ronsard, Du Bellay, Maurice Scève, Pernette du Guillet

mercredi 12 septembre 2012

Un exposé d'histoire des arts en 4e

Chapitre 1 : La poésie lyrique
Présenter un recueil de poèmes d’un poète du XVIe ou du XIXe, ou un poème en le rattachant à un mouvement poétique. (Louise Labé, Ronsard, Du Bellay, Hugo, Lamartine, Musset, Vigny, Marceline Desbordes Valmore, Aloysius Bertrand, Baudelaire, Verlaine, Rimbaud…)
Décrire et expliquer un tableau romantique (Füssli, Girodet, Delacroix, Géricault, Caspar Friedrich ...)

Chapitre 2 : Les Contes d'Hoffmann
Présenter un récit ou un film fantastique
Auteurs du XIXe : Dumas, Gautier, Mérimée, Maupassant, Chamisso, Stevenson, Oscar Wilde, Bram Stocker, Edgar Poe…
Auteurs du XXe : Lovecraft, Kafka, Matheson…
Films : Les Autres d’A. Amenabar, Shining de S. Kubrick, Dracula de Coppola, Rosemary’s baby de Polanski, Les Innocents de Jack Clayton, Le Portrait de Dorian Gray de Albert Lewin …

Chapitre 3 : Le tragique au théâtre
Une tragédie classique (Le Cid de Corneille, Andromaque de Racine).
Une autre pièce de Shakespeare (Hamlet, Macbeth...)
Une adaptation au cinéma d'une oeuvre de Shakespeare :
http://www.cineclubdecaen.com/analyse/williamshakespeareaucinema.htm
Une oeuvre picturale (illustration peinture)
http://shakespeare.emory.edu/illustrated_plays.cfm
Une réécriture de Roméo et Juliette
- L'opéra de Gounod
- Le poème symphonique de Tchaikowski...

Chapitre 4 : Agatha Christie et le roman policier
Miss Marple pour héroïne : L'Affaire Protheroe (1930, The Murder at the Vicarage); Un cadavre dans la bibliothèque (1942, The Body in the Library); La Plume empoisonnée (1942, The Moving Finger); Le miroir se brisa (1962, The Mirror Crack'd from Side to Side ) ; La Dernière Énigme (1976, Sleeping Murder).
Hercule Poirot : La Mystérieuse Affaire de Styles (1920, The Mysterious Affair at Styles); Le Meurtre de Roger Ackroyd (1926, The Murder of Roger Ackroyd); Le Crime de l'Orient-Express (1934, Murder on the Orient-Express) ; Mort sur le Nil (1937, Death on the Nile); Je ne suis pas coupable (1940, Sad Cypress) ; Cinq petits cochons (1942, Five Little Pigs) ; Hercule Poirot quitte la scène (1975, Curtain:Poirot's Last Case).
Autre : Cinq heures vingt-cinq (1931, The Sittaford Mystery) ; Dix petits nègres (1939, Ten Little Niggers); L'Heure zéro (1944) (Towards Zero) ; La Nuit qui ne finit pas (1967) (Endless Night).

Chapitre 5 : Notre Dame de Paris de V. Hugo
L'adaptation du roman de Victor Hugo par Jean Delanoy.
Un roman historique : Les trois mousquetaires d’A. Dumas (L’école des loisirs); Quentin Durward de Walter Scott (L’école des loisirs ou Livre de poche jeunesse) ; Le Bossu de Paul Féval (L’école des loisirs ou Livre de poche jeunesse) ; Les révoltés du Bounty de Jules Verne (Folio) ; Les derniers jours de Pompéï de Bulwer Lytton (L’école des loisirs) ; La Flèche noire de Stevenson (Le Serpent à plumes)
L'architecture gothique. Une cathédrale gothique (Rouen, Reims, Chartres...)

Chapitre 6 : La lettre
Romans pour la jeunesse : CLEARY B., Signé, Lou, l'école des Loisirs; CULLIMORE S., Pourquoi les filles grandissent-elles ?, Le livre de poche; jeunesse; DONNER C., Les Lettres de mon petit frère, l'école des loisirs; DONNER C., Emilio ou la petite leçon de littérature, Ecole des loisirs.cdi ; HATANO, L’Enfant d’Hiroshima, Folio junior; MARSDEN J., Lettres de l’intérieur, l'école des loisirs; MASSENOT V., Lettres à une disparue, Livre de poche jeunesse; WINTREBERT J., La Colonie perdue, Seuil jeunesse.
Classiques ou correspondances littéraires : WEBSTER J., Papa longues-jambes, Gallimard, Folio; CALAMITY Jane, Lettres à ma fille. Rivages; ALAIN-FOURNIER – RIVIERE, J., Une amitié d’autrefois, Folio ; ZWEIG, « Lettre d’une inconnue » in Amok, Livre de poche; UHLMAN F., La Lettre de Conrad (Stock Bibliothèque cosmopolite); KRESSMANN TAYLOR K., Inconnu à cette adresse, livre de poche; SCHMIDT E.-E., Oscar et la dame rose, coll., Magnard. cdi;
La lettre en peinture :
http://www.insecula.com/oeuvre/O0021017.html
La lettre au cinéma
84, Charing Cross Road, de David Hume Jones.

jeudi 6 septembre 2012

Un classique méconnu

Publié en 1908, le Vent dans les saules a rencontré un succès qui n'a cessé de croître dans les pays anglo-saxons; l'auteur, Kenneth Grahame, employé dans l'administration pratiquait la littérature en dilettante même s'il sut se lier à de grands artistes de l'époque.
Réédité en mai de cet année à l'école des loisirs, l'ouvrage mérite d'être redécouvert. Je renvoie à mon article sur le blog de l'école des lettres.
http://www.ecoledeslettres.fr/blog/litteratures/kenneth-grahame-le-vent-dans-les-saules/

Niveau : 6e-5e

samedi 28 avril 2012

Un abécédaire sur "Casse-Noisette" d'Hoffmann

Rappel : un abécédaire est un recueil d'articles classés suivant l'ordre alphabétique, je donne parfois l'exercice en quatrième, ce qui oblige tout le monde - enfin presque! - à lire un roman et à réfléchir sur la notion de poésie puisque je demande d'insérer un article "poésie" ou "poétique" pour montrer que l'on a compris en quoi le roman ou le conte lu présente des aspects poétiques. Mission accomplie pour Joséphine et Valentine à qui cet abécédaire a valu une très bonne note.
Il donnera un exemple à ceux qui se demandent ce qu'est un abécédaire, et il montrera aussi que le conte d'Hoffmann étudié ici, à savoir "Casse-noisette" n'est absolument pas "bébé". C'est en dépit des apparence - tout le monde y voit un conte merveilleux pour enfants - un modèle de récit fantastique qui mêle adroitement rêve et réalité.

Cadeaux : Le soir de Noël, les enfants reçoivent leurs cadeaux. Marie reçoit une poupée, des ustensiles de ménage et une petite robe de soie ornée de rubans multicolores. Fritz, son frère reçoit des hussards et un nouveau cheval. Leur parrain, Drosselmeier leur offre un château entièrement mécanisé, animé par des petites figurines représentant des princesses et des soldats. 

Casse-Noisette : En allant ranger ses cadeaux dans l'armoire vitrée, Marie découvre un petit bonhomme en bois appelé Casse-Noisette. Il a été créé et offert par Parrain Drosselmeier à la famille. En tirant sa tresse, grâce à un mécanisme, le haut de sa bouche tombe sur la noix posée entre ses dents, et la casse. L'histoire du petit Casse-Noisette, nous est révélée dans le conte de la noix dure, contée par Parrain Drosselmeier aux enfants. Elle nous apprend que Casse-Noisette est en fait le Neveu de Drosselmeier transformé en bonhomme de bois. Il appartient au rêve, et à la réalité sous forme de jouet. 

Dame Mauserink : L'histoire de Dame Mauserink est contée dans le Conte de la Noix Dure. C'est la reine des souris, du royaume de la princesse Pirlipat. Elle a jeté un sort à la princesse après avoir été chassée du château. Plus tard, elle est écrasée par neveu Drosselmeier et meurt. Son fils lui jure alors de la venger de Drosselmeier, qu'elle a transformé en Casse-Noisette en mourant. Elle fait partie du Conte de la Noix Dure. 

Marie : En allant ranger ses jouets, elle découvre Casse-Noisette, son Parrain le lui donne. Pendant la nuit, elle est témoin de la bataille qui oppose Casse-Noisette au roi des souris. Le lendemain, Marie est malade. Elle explique à ses parents ce qu'elles a vu cette nuit-là. Personne ne la croit, ils pensent qu'elle divague. Pour la distraire, durant la journée son Parrain lui narre le Conte de la Noix Dure. Marie apprend alors que Casse-Noisette est en fait le Neveu Drosselmeier. Par la suite, une autre bataille a lieu. Casse-Noisette remporte la victoire en tuant le roi des souris. Pour remercier Marie de sa gentillesse, il l'emmène au pays des poupées et des sucreries. A la fin, Marie devient la fiancée de Casse-Noisette, redevenu Neveu Drosselmeier. Durant cette histoire on ne peut distinguer le rêve de la réalité. Seule Marie peut le savoir ! Elle appartient à la réalité. 

Narration : Ce conte nous est narré à la troisième personne du singulier. Il est composé de nombreux dialogues. Le narrateur nous est inconnu, cependant, il est témoin de l'histoire. Le conte se base principalement sur les récits de Parrain Drosselmeier. 

Neveu Drosselmeier : Après avoir été engagé par son oncle pour casser la noix Krakatuk, ils se rendent tous deux au château. Une foule de prétendants tentent depuis des jours de casser la noix en vain. Le Neveu Drosselmeier se propose alors. Il tire sur sa tresse d'un coup sec et l'amande de la noix lui tombe entre les mains. Il l'offre alors à la princesse, ferme les yeux et fait sept pas en arrière. Dame Mauserink apparaît et le Neveu l'écrase d'un coup de pied, tandis que la princesse retrouve sa beauté. Mais lorsque le Neveu écrase la souris, il se transforme en bonhomme de bois et devient Casse-Noisette. Seule la mort du roi des souris, le fils de Dame Mauserink, de ses propres mains, et une femme qui l'aime le sauvera. 

Noël : L'histoire commence le jour de Noël, lorsque les enfants reçoivent leurs cadeaux. 

Noix Krakatuk : La noix Krakatuk est la noix la plus dure du monde et le seul remède capable de rendre la beauté perdue de la princesse Pirlipat. Il faut pour cela qu'elle soit cassée par un homme ne s'étant jamais rasé et n'ayant jamais porté de bottes. Ce dernier la cassera, la donnera à la princesse, fermera les yeux et fera sept pas en arrière sans trébucher ni ouvrir les yeux. C'est Monsieur Drosselmeier, l'horloger du roi, qui est chargé de trouver la noix et l'homme qui la cassera. 

Parrain Drosselmeier : Drosselmeier est l'horloger du roi, et inventeur du piège à souris. Le roi, prétendant qu'il est responsable de la laideur de sa fille, le réquisitionne pour trouver la noix et l'homme qui la cassera. Après avoir arpenté le monde entier durant quinze ans, Drosselmeier se rend chez son frère, à Nuremberg. La noix avait été offerte à ce dernier quelques années auparavant par un voyageur. Il offre alors à Drosselmeier la noix et propose son fils qui possède toutes les conditions requises pour la casser. Drosselmeier a donc la noix et le Casse-Noisette. Dans la réalité, Drosselmeier est le parrain de Marie et Fritz. Il est horloger et pour Noël il a offert à son neveu et sa nièce un château mécanisé et le Casse-Noisette. Il appartient au Conte de la Noix Dure mais aussi à la réalité. 

Poétique : Ce conte est poétique car, on ne peut distinguer le rêve de la réalité. Et nous pensons que le rêve fait partie de la poésie. Par ailleurs, l'évocation de friandises nous transporte comme dans un rêve, ce qui rend le texte léger et poétique. Le rêve domine ce conte et le rêve est poétique. Casse-Noisette est probablement un rêve donc Casse-Noisette est poétique. On nous parle aussi de Noël, période joyeuse et enchanteresse de l'année, incontournable dans un conte poétique comme Casse-Noisette. 

Princesse Pirlipat : Fille d'un roi, la princesse Pirlipat est d'une irrésistible beauté. Jusqu'au jour où Dame Mauserink, la reine des souris, est chassée du royaume. Elle jette alors un sort à la princesse qui devient laide. Seule la noix Krakatuk peut lui rendre son apparence. Elle appartient au Conte de la Noix Dure. 

Rêves : Tout au long de l'histoire, on ne peut distinguer le rêve de la réalité. A la fin, un indice -Drosselmeier est habillé de la même façon que lors du bal de Noël (au début)- nous montre que l'histoire, n'est que le rêve de Marie. Cependant, le mariage de Marie nous semble réel alors que le royaume de Casse-Noisette nous paraît totalement imaginaire. On se demande même si Marie a vraiment reçu Casse-Noisette ou s'il est seulement issu de son imagination. 

Roi des souris : Fils de Dame Mauserink, le roi des souris a sept têtes chacune ornée d'une couronne. Il a promis de venger sa mère en tuant Casse-Noisette mais lors de la dernière bataille, c'est lui qui est tué et Casse-Noisette récupère ses sept couronnes. Il fait partie du rêve de Marie.

Joséphine G. & Valentine H., ex 4e4.
Valentine H.

lundi 16 avril 2012

Les Enfants du capitaine Grant de Jules Verne

Les éditions de l'école des loisirs viennent de rééditer l'un des meilleurs romans de Jules Verne dans une version abrégée en un seul volume, Les Enfants du Capitaine Grant. Deux enfants aidés d'un lord anglais et de son épouse se lancent à la recherche de leur père disparu depuis deux ans. Il font un tour du globe dans l'hémispère sud en suivant le 37e degré de latitude : Chili, Patagonie, Australie, Nouvelle-Zélande, avec Jules Verne, la géographie devient un plaisir et se fait même poésie : j'ai fait un article sur cette édition consultable sur :
http://www.ecoledeslettres.fr/blog/litteratures/les-enfants-du-capitaine-grant-en-version-dynamique/

Niveau : 5e-4e, Lycée

lundi 9 avril 2012

William Shakespeare

Shakespeare est sans doute l'écrivain sur lequel on a les plus écrit et l'un de ceux dont la vie est la plus mal connue. Il est l'un des plus grands génies de l'histoire littéraire humaine. Il suffit de lire une de ses pièces et même par le biais de la traduction, on est saisi par la force, la justesse et la beauté de ses images.
Né en 1564, il est le fils d'un riche entrepreneur qui tire ses revenus de la maroquinerie et de l'immobilier. Il est probable, étant donné le statut social de son père, que Shakespeare ait poursuivi des études. En 1582 (il a dix-huit ans), il épouse Anne Hathaway, il nous reste l'acte de mariage mais les années qui suivent sont inconnues et les historiens en sont réduits à émettre diverses hypothèses, toutes douteuses.
Les actes de baptèmes et de décès permettent de savoir qu'il a une fille, Suzanna (1583) et des jumeaux Judith et Hamnet (1585). Le petit Hamnet meurt à l'âge de onze ans. Et les critiques font un rapprochement entre ce décès et la sombre tragédie d'Hamlet.
En 1591 est jouée sa première grande oeuvre, Henri VI. Il écrira ensuite de façon régulière, interprétant de petits rôles dans ses propres pièces et dans des pièces de dramaturges connus comme Ben Johnson.
Il ne nous reste aucun manuscrit de Shakespeare, et la datation de ses oeuvres donne lieu à d'innombrables théories.
Ses tragédies les plus connues sont devenues de véritables mythes : Hamlet, Roméo et Juliette, Othello, Le Roi Lear.
Ses comédies sont pleines de fantaisie et de rebondissements (Comme il vous plaira, Le Marchand de Venise, Mesure pour mesure...), et certaines ont une dimension féérique (Le Songe d'une nuit d'été).
Il écrit de nombreux drames historiques (Richard III,  Henri V...) ainsi qu'un certain nombres de pièces inclassables qui ne relèvent ni de la comédie, ni de la tragédie (Le Conte d'hiver, La Tempête).
Il semble que Shakespeare se soit retiré en 1611 à Stratfford,, il y meurt en 1616 à l'âge de 52 ans.

Epitaphe, laissée sur sa tombe, en l'aélise de la Trinité à Stratford-upon-Avon :

Good friend, for Jesus' sake forbear,
To dig the dust enclosed here.
Blest be the man that spares these stones,
But cursed be he that moves my bones.

Un film à voir pour situer Shakespeare dans son contexte (l'histoire est évidemment romancée).


Shakespeare in Love - Bande Annonce FR par _Caprice_

jeudi 22 mars 2012

Qu'est-ce qu'un récit ?

Quelle différence y a-t-il entre les genres du roman et du récit. Michel Raimond dans un essai intitulé Le Roman depuis la révolution (1) cite une définition de Jean-José Marchand, elle même inspirée d'une réflexion d'André Gide :

« un récit reproduit des événements conformément aux lois de l'exposition, un roman nous montre ces événements dans leur ordre propre. Nous pouvons, aidés par cette formule, distinguer à grands traits le roman pur du récit pur; le romana lieu, le récit a eu lieu; le roman nous livre peu à peu un caractère, le récit l'explique; le roman regarde naître les événements, le récit les fait connaître; le roman est constitué par des suites vivantes, le récit par des causales; le roman se déroule au présent, le récit éclaire le passé. La première conséquence de ces observations est que le récit, quand ses héros sont des hommes, étudie de préférence une crise (qu'il explique), tandis que le roman n'a pas de sujet nécessaire, mais ses héros sont toujours des hommes. Gide a parfaitement raison, selon Sartre, de remarquer que le roman est « un surgissement perpétuel; chaque nouveau chapitre doit poser un nouveau problème, être une ouverture, une direction, une impulsion, une jetée en avant de l'esprit du lecteur ».

M. Raimond, Le Roman depuis la révolution, coll. U, Armand Colin, 

Quand vous serez bien vieille...

En 1578, Ronsard est un poète reconnu. Le Prince des poètes" travaille pour les grands de la cour. Catherine de Médicis lui commande un recueil de poèmes destinée à "consoler" sa suivante, Hèlène de Surgères qui vient de perdre un officier dont elle était amoureuse, à la guerre.



Quand vous serez bien vieille, au soir,
[à la chandelle,
Assise auprès du feu, dévidant (1) et filant,
Direz, chantant mes vers, en vous émerveillant :
Ronsard me célébrait du temps que j'étais belle.

Lors (2), vous n'aurez servante oyant (3) telle nouvelle,
Déjà sous le labeur à demi sommeillant,
Qui au bruit de mon nom ne s'aille réveillant,
Bénissant votre nom de louange immortelle.

Je serai sous la terre et fantôme sans os :
Par les ombres myrteux (4) je prendrai mon repos :
Vous serez au foyer une vieille accroupie,

Regrettant mon amour et votre fier dédain.
Vivez, si m'en croyez, n'attendez à demain :
Cueillez dés aujourd'hui les roses de la vie.

Ronsard, Les Sonnets pour Hélène, 1578.


1. Dévider : Dérouler le fil.
2. Lors : Alors.
3. Oyant : Entendant.
4. Myrteux : Adjectif inventé par Ronsard et qui provient de myrte (l'arbre dédié à Vénus).

lundi 19 mars 2012

Les fonctions relatives au nom (éventuellement au pronom)

L'adjectif (ou le participe passé) épithète peut être lié ou détaché.
Une abeille étourdie arrive en bourdonnant.
Etourdie, une abeille arrive en bourdonnant.

Le complément du nom (ou complément de détermination) : Nom ou infinitif placé après le nom et introduit par une préposition;
les projets de son âme.

La subordonnée relative placée, généralement après le nom qu’elle détermine : elle est complément de l'antécédent.
L'abeille qui s'est posée sur la bouche de Chloé

L'apposition : Nom ou GN qui reprend le nom déterminé, entretenant avec lui un rapport d’identité:
Cette coquette de Chloé (Chloé = la coquette)

L'attribut : Nom ou adjectif introduit par un verbe attributif.
D'ailleurs sa piqûre est légère 
La bouche de Chloé me semblait une rose,


Ill : Carte publicitaire pour les phosphatines Falières

La Coquette et l'Abeille

Chloé, jeune, jolie, et surtout fort coquette,
Tous les matins, en se levant,
Se mettait au travail, j'entends à sa toilette ;
Et là, souriant, minaudant,
Elle disait à son cher confident
Les peines, les plaisirs, les projets de son âme.
Une abeille étourdie arrive en bourdonnant.
"Au secours ! Au secours ! Crie aussitôt la dame:
Venez, Lise, Marton, accourez promptement ;
Chassez ce monstre ailé." Le monstre insolemment
Aux lèvres de Chloé se pose.
Chloé s'évanouit, et Marton en fureur
Saisit l'abeille et se dispose
A l'écraser. "Hélas ! Lui dit avec douceur
L'insecte malheureux, pardonnez mon erreur ;
La bouche de Chloé me semblait une rose,
Et j'ai cru... " Ce seul mot à Chloé rend ses sens.
"Faisons grâce, dit-elle, à son aveu sincère :
D'ailleurs sa piqûre est légère ;
Depuis qu'elle te parle, à peine je la sens."
Que ne fait-on passer avec un peu d'encens !


Florian, Fables, l'école des loisirs, 2009.

jeudi 12 janvier 2012

Orgueil et préjugés de Jane Austen

Présentation d'un roman du XIXe siècle, Orgueil et préjugés, Jane AUSTEN

Biographie de l'auteur
Jane Austen est née le 16 décembre 1775 à Steventon Rectory ( Hampshire). C'est l'avant-dernière d'une famille de huit enfant. Son père est pasteur et sa famille fait partie de la petite bourgeoisie, leurs revenus sont modestes mais confortables. Jane et sa sœur Cassandra, inséparables, reçoivent une éducation aboutie. Elles étudient à Oxford, à Southampton puis à l'Abbey School de Reading. A cause d'une épidémie, les deux sœurs sont contraintes de retourner au Rectory. Elles y complètent leur éducation grâce à la riche bibliothèque familiale et aux conversations familiales et deviennent de véritables jeunes filles accomplies dotées de multiples talents comme le chant, la couture, le dessin, la broderie, le piano, la danse ou encore le maniement du français et de l'italien. Malgré cela, elles resteront vieilles filles. En 1802, a romancière reçoit sa seule et unique demande en mariage. Attirée par la vie confortable qui s'offre à elle, elle accepte avant de retirer son consentement le lendemain, sûrement rebutée par l'aspect quelconque et désagréable de son prétendant. Un caractère silencieux attisé d'une intelligence rare, un cœur tendre allié d'un caractère taciturne, froid ,Jane Austen est un personnage complexe. Cette nature contrastée se retrouve dans ses œuvres notamment dans « Raisons et sentiments » et « Orgueil et préjugés », ses deux œuvres majeures, rédigées alors qu'elle a à peine plus de vingt ans. Si elle parvint à vivre de son écriture vers la fin de sa vie, ses romans connurent leurs plus grands succès à titre posthume. Jane Austen mourut le 18 juillet 1817 à l'âge de quarante ans de la maladie d' Addison, (non identifiée à l'époque) laissant inachevé le roman « Persuasion ». Elle fut enterrée dans la cathédrale de Winchester.

Texte 1
Tout bascule à Longboun, petit bourg du Hertfordshire lorsqu' un jeune homme riche et célibataire Mr.Bingley s'installe à Neitherfield, un domaine proche avec ses deux sœurs et son meilleur ami Mr. Darcy. Mrs. Bennet, mère de cinq filles est bien déterminée à marier l'une d'entre elle à ce nouvel arrivant, bel homme et surtout très aisé. Lors d'un bal, Mr. Bingley se montre de la plus agréable des natures et se rapproche de l'aînée des demoiselles Bennet au plus grand plaisir de la mère. Mr. Darcy, au contraire révèle un caractère dédaigneux, hautain, d'une froideur impassible.

Mr. Darcy dansa seulement une fois avec Mrs. Hurst et une fois avec miss Bingley. Il passa le reste du temps à se promener dans la salle, n' adressant la parole qu' aux personnes de son groupe et refusant de se laisser présenter aux autres. Aussi fut-il vite jugé. C'était l'homme le plus désagréable et le plus hautain que la terre eût jamais porté, et l'on espérait bien qu'il ne reparaîtrait à aucune autre réunion.
Parmi les personnes empressées à le condamner se trouvait Mrs. Bennet. L'antipathie générale tournait chez elle en rancune personnelle, Mr. Darcy ayant fait affront à l'une de ses filles. Par suite du nombre restreint des cavaliers, Elizabeth Bennet avait du rester sur sa chaise l'espace de deux danses, et, pendant un moment, Mr Darcy s' était tenu debout assez près d'elle pour qu'elle pût entendre les paroles qu'il échangeait avec Mr Bingley venu pour le presser de se rejoindre aux danseurs.
- Allons Darcy, venez danser. Je suis agacé de vous voir vous promener seul. C'est tout à fait ridicule. Faites comme tout le monde et dansez.
- Non, merci! La danse est pour moi sans charmes à moins que je ne connaisse particulièrement une danseuse. Je n'y prendrais aucun plaisir dans une réunion de ce genre. Vos sœurs ne sont pas libres et ce serait pour moi une pénitence que d'inviter quelqu'un d'autre.
- Vous êtes vraiment difficile ! S'écria Bingley. Je n'ai jamais vu dans une soirée tant de jeunes filles aimables. Quelques-unes mêmes, vous en conviendrez sont remarquablement jolies.
Votre danseuse est la seule jolie personne de la réunion, dit Mr. Darcy en désignant du regard l'aînée des demoiselles Bennet. C'est la plus charmante créature que j'aie jamais rencontrée  mais il y a une de ses sœurs assise derrière vous qui est aussi fort agréable. Laissez-moi demander à ma danseuse de vous présenter.
- De qui voulez-vous parler ?
Mr. Darcy se retourna et considéra un instant Elizabeth. Rencontrant son regard, il détourna le sien et déclara froidement :
- Elle est passable, mais pas assez jolie pour me décider à l'inviter. Du reste je ne me sens pas en humeur, ce soir, de m'occuper des demoiselles qui font tapisserie. Retournez vite à votre souriante partenaire, vous perdez votre temps avec moi.
Mr. Bingley suivit ce conseil et Mr. Darcy s'éloigna, laissant Elizabeth animée à son égard de sentiments très peu cordiaux.

Commentaire :

Cet extrait illustre parfaitement le titre de l'ouvrage : Orgueil et Préjugés. Avant même d'avoir eût le temps de se faire connaître, Mr. Darcy est jugé comme distant, associal, orgueilleux. En réalité il s'agit de préjugés, cet orgueil est une façade derrière laquelle se cache un personnage touchant et sincère. La complexité de Darcy en fait un être difficile à cerner mais d'une réalité et d'une profondeur étonnante pour un personnage fictif. Dans la suite du roman, Elizabeth découvrira que cet épisode traduisait plus de la réserve qu'un sentiment de mépris. Cet extrait reflète également l'importance des bals à cette époque. Véritable institution, il permettait de nouvelles fréquentations qui parfois amenaient au mariage. Le père de Jane Austen était très attaché à la morale : des valeurs comme « Etre aimable avec ses inférieurs » ou  « Ne pas être hautain et méprisant » sont mises en valeur par l'indécence de Mr. Darcy.

Texte 2 :
Mr. Bennet reçoit une lettre annonçant la prochaine venue d'un cousin de la famille Mr. Collins. A cause d'un entail, celui-ci est le futur héritier de la maison des Bennet. Mrs. Bennet, initialement antipathique à cet homme qui prive ses filles de leur héritage, développe une grande amitié pour lui lorsqu'elle comprend que le but de sa visite consiste à prendre une de ses filles pour épouse.

Mr. Collins était dépourvu d'intelligence, et ni l'éducation ni l'expérience ne l'avaient aidé à combler cette lacune de la nature. Son père, sous la direction duquel il avait passé la plus grande partie de sa jeunesse, était un homme avare et illettré, et lui-même, à l'université où il n'était demeuré que le temps nécessaire pour la préparation de sa carrière, n'avait fait aucune relation profitable. Le rude joug de l'autorité paternelle lui avait donné dans les manières une grande humilité que combattait maintenant la fatuité naturelle à un esprit médiocre et enivré par une prospérité rapide et inattendue. Une heureuse chance l'avait mis sur le chemin de lady Catherine de Bourg au moment où le bénéfice d' Hunsford se trouvait vacant, et la vénération que lui inspirait sa noble protectrice, jointe à la haute opinion qu'il avait de lui-même et de son autorité pastorale, faisait de Mr. Collins un mélange singulier de servilité et d'importance, d'orgueil et d'obséquiosité. A présent qu'il se trouvait en possession d'une maison agréable et d'un revenu suffisant, il songeait à se marier. Ce rêve n'était pas étranger à son désir de se réconcilier avec sa famille car il avait l'intention de choisir une de ses jeunes cousines, si elles étaient aussi jolies et agréables qu'on le disait communément. C'était là le plan qu'il avait formé pour les dédommager du tort qu'il leur ferait en héritant à leur place de la propriété de leur père, il le jugeait excellent. N'était-il pas convenable et avantageux pour les Bennet, en même temps que très généreux et désintéressé de sa part ?

Commentaire
Mr. Collins représente tout le ridicule de la société bourgeoise du 19 ème siècle à lui seul. Ses manières décalées, sa haute opinion de lui-même, ses conversations élaborées mais vides de sens, ses compliments soigneusement préparés à l'avance, tout en lui inspire la moquerie et l'insensé. Née de la plume sarcastique de Jane Austen, ce personnage peint une critique impitoyable de la société. On ne peut s'empêcher de dresser un parallèle entre la demande en mariage de Collins à Elizabeth et celle du piètre Harris Bigg-Wither à Jane Austen elle-même. L'auteur nous dévoile le versant féministe de son œuvre. A l'époque, le droit anglais ne reconnaissait pas la femme comme indépendante, beaucoup d'entre elles furent contraintes de se marier pour obtenir statut social et sécurité économique. Dans le portrait du personnage, la description morale est privilégiée, il y a peu de détails physiques, cela produit un effet de réalisme subjectif. Jane Austen utilise le discours indirect libre, les pensées de Collins se mélangent à celle de la narratrice, une sensation de fluidité, de vivacité émane de son écriture.

Texte 3
Après avoir refusé la demande en mariage de Mr. Darcy, Elizabeth reçoit une lettre de ce dernier lui expliquant pourquoi il croyait bon de séparer Jane Bennet de Mr. Bingley et l'offense que Mr. Wickham avait fait subir à sa famille. Face à ces justifications, les sentiments d'Elizabeth à l'égard de Darcy évoluent. Sa haine se transforme en un amour irréversible.

Elizabeth qui avait retrouvé tout son joyeux entrain, pria Mr. Darcy de lui conter comment il était devenu amoureux.
- Je m'imagine bien comment, une fois lancé vous avez continué, mais c'est le point de départ qui m'intrigue.
- Je ne puis vous fixer ni le jour ni le lieu, pas plus que vous dire le regard ou les paroles qui ont tout déterminé. Il y a vraiment trop longtemps. J'étais déjà loin sur la route avant de m' apercevoir que je m'étais mis en marche.
- Vous ne vous faisiez pourtant point d'illusion sur ma beauté. Quant à mes manières elles frisaient l'impolitesse à votre égard, et je ne vous adressais jamais la parole sans avoir l'intention de vous être désagréable. Dites-moi, est-ce pour mon impertinence que vous m’admireriez !
- Votre vivacité d'esprit, oui certes.
- Appelez-la tout de suite de l'impertinence, car ce n'était guère autre chose. La vérité, c'est que vous étiez fatigué de ces femmes qui ne faisaient rien que pour obtenir votre approbation . C'est parce que je leur ressemblait si peu que j'ai éveillé votre intérêt. Voilà : je vous ai épargné la peine de me le dire. Certainement, vous ne voyiez rien à louer en moi , mais pense-t-on à cela, lorsqu'on tombe amoureux ?
- N'y avait-il rien à louer dans le dévouement affectueux que vous avez eu pour Jane lorsqu'elle était malade à Netherfield ?
- Cette chère Jane ! Qui donc n'en aurait fait autant pour elle ? Vous voulez de cela me faire un mérite à tout prix : soit. Mes bonnes qualités sont sous votre protection ! Grossissez les autant que vous voudrez. En retour, il m'appartiendra de vous taquiner et de vous quereller le plus souvent possible. Je vais commencer tout de suite en vous demandant pourquoi vous étiez si peu disposé en dernier lieu à aborder la question? Qu'est-ce qui vous rendait si réservé quand vous êtes venu nous faire visite à Longbourn ? Vous aviez l'air de ne pas faire attention à moi.
- Vous étiez grave et silencieuse, et ne me donniez aucun encouragement.

Commentaire :
Ce passage dévoile la franchise et le caractère presque insolent d'Elizabeth Bennet. Elle symbolise la vérité, la fraîcheur, le naturel dans un monde maniéré et superficiel. C'est d'ailleurs cet aspect de sa personnalité qui séduit Mr. Darcy, lassé de toutes ces conversations mondaines, futiles et inutiles. L'attachement du lecteur pour les deux personnages principaux grandit au fur et à mesure qu' accroît son dédain devant l'idiotie des personnages secondaires comme Collins, lady Catherine ou Mrs. Bennet. Dans cette scène marquante, le masque d'orgueil de Darcy tombe, tout comme les préjugés d'Elizabeth. Mais leurs sentiments, leurs émotions restent sous-entendus, peut-être est-ce du à l'amertume de Jane Austen, restée vieille fille ou à une volonté de l'auteur de rester pragmatique et de ne pas basculer dans le romantisme.

Conclusion
Dans Premières impressions qui deviendra « Orgueil et préjugés, Jane Austen esquisse un univers familier puisqu'elle même est issue de la petite bourgeoisie. Avec une impressionnante prise de recul, elle se rit de la nature humaine, des normes imposées par la société tout en alliant ironie et sarcasme. Les événements successifs qui forment le récit sont en apparence banals mais l'atmosphère dans lesquels ils sont ancrés apporte une émotion sincère à ce chef d’œuvre de la littérature anglaise. Grâce aux thèmes du mariage et de la dépendance économique des femmes, elle fixe inconsciemment les prémices de ce que l'on appelle aujourd'hui le féminisme.

Eloïse LP, 1e ES2