mardi 19 janvier 2010

Le conditionnel

1. Sa morphologie

On constate que le conditionnel emprunte au futur simple sa base et, à l'imparfait, ses désinences. Prenons le verbe avoir :

J'aurais
Tu aurais
Il aurait
Nous aurions
Vous auriez
Ils auraient
La base "aur-" est bien celle du futur et le groupe de désinences rappelle l'imparfait.

Le conditionnel passé se forme, comme tous les temps composés avec l'auxiliaire (être ou avoir) au conditionnel.
J'aurais eu
Nous aurions eu

Je serais venu(e)
Nous serions venu(e)s (Attention à l'accord).

Il existait autrefois un conditionnel passé dit de "deuxième forme" qui a aujourd'hui disparu des grammaires, dommage, il était bien étrange et bien joli :

J'eusse eu, tu eusses eu, il eût eu...

Les "bons" en grammaire reconnaitront notre plus que parfait du subjonctif, qui, lui aussi, tend à disparaître.

2. Son utilisation

Le conditionnel sert généralement à exprimer une supposition qui dépend d'une condition:
Il lui semblait que si elle touchait à cette poupée, le tonnerre en sortirait. (Hugo)

C'est aussi le mode du rêve:
Jouons avec cette poupée. Ce serait ma petite fille. Je serais une dame, je viendrais la voir... (Hugo toujours, dans les Misérables)

Il sert à atténuer l'expression pour émettre un ordre ou un souhait :
Pourriez-vous me passer un effaceur ?

Le conditionnel est un temps lorsque, par rapport à un fait passé, il exprime le futur :
Elle se disait que la Thénardier la gronderait et la battrait . (Hugo, dans les Misérables encore)



Ill. : vous aurez reconnu le Chat de Geluck.

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