dimanche 7 mars 2010

Les Images

I. Définition
Les images sont des figures de style qui consistent à opérer une comparaison entre deux éléments (le comparé et le comparant), sur la base d’un élément commun (l’élément de comparaison) qui précise l’analogie.


II. La comparaison
La comparaison est la plus explicite des images, elle repose généralement sur quatre éléments : le comparé et le comparant, un outil, qui manifeste le rapport de ressemblance, et un élément de comparaison :
La femme cependant, de sa bouche de fraise,
En se tordant, ainsi qu’un serpent sur la braise,
Baudelaire, « Les Métamorphoses du vampire », Les Fleurs du Mal,
Dans cette comparaison de Baudelaire, les quatre éléments sont explicitement signalés dans la phrase :
Terme comparé : la femme
;
élément de comparaison : se tordant;
outil de comparaison : ainsi qu';
terme comparant : un serpent sur la braise .

III. La Métaphore
La métaphore pourrait se définir comme une comparaison elliptique, le langage faisant l’économie de l’une des composantes à l’œuvre dans la comparaison.
L’élément de comparaison, par exemple peut ne pas être évoqué :
Yeux, lacs avec ma simple ivresse de renaître
Mallarmé, « Le Pitre châtié », Poésies.
L’imagination peut alors se déployer : est-ce la couleur des yeux qui inspire la métaphore ? Leur éclat ? Le sentiment amoureux éprouvé par le poète qui se manifeste dans l’ivresse pressentie d’une renaissance ?
La Métaphore filée
Lorsque la métaphore s’étend et multiplie les éléments de comparaison, on parle de métaphore filée :
Si ton âme enchaînée, ainsi que l'est mon âme,
Lasse de son boulet et de son pain amer,
Sur sa galère en deuil laisse tomber la rame,
Penche sa tête pâle et pleure sur la mer,
Vigny, « La Maison du berger », « Lettre à Eva », Les Destinées.
La comparaison de l’âme à un galérien fatigué s’élabore d’abord de façon allusive pour ensuite se déployer de manière à suggérer l’épuisement et le découragement.

IV. La personnification
Il s’agit en fait d’une métaphore dont le comparant (un être animé) est simplement suggéré.
La lune peignait ses cheveux avec un démêloir d'ébène qui argentait d'une pluie de vers luisants les collines, les prés et les bois.
Aloysius Bertrand, « Le Fou », Gaspard de la nuit.
La personnification de la lune en femme peignant ses cheveux permet d’amorcer une métaphore qui joue de l’aspect fluide des cheveux.

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