Bibliographies, synthèses de cours, méthodologie... (M. Labbe)
jeudi 14 avril 2011
L'expression de l'hypothèse
lundi 4 avril 2011
Saint-Denys Garneau, Regards et jeux dans l'espace

Avec Regard et jeux dans l'espace, Saint-Denys Garneau compose une oeuvre originale, rédigée dans une langue épurée, et qui met en oeuvre images et symboles élémentaires. Le poème liminaire donnera une idée de l’efficacité avec laquelle Saint-Denys Garneau use du vers libre : Je ne suis pas bien du tout assis sur cette chaise Et mon pire malaise est un fauteuil où l’on reste Immanquablement je m’endors et j’y meurs. Mais laissez moi traverser le torrent sur les roches Par bonds quitter cette chose pour celle là Je trouve l’équilibre impondérable entre les deux C’est là sans appui que je me repose. Saint-Denys Garneau « C’est là sans appui », Regards et jeux dans l’espace.
Un tercet de mètres impairs (13/13/11) précède un quatrain aux mesures majoritairement paires (13/12/14/10), l’expression du malaise et du déséquilibre s’incarne dans l’utilisation des mesures impaires ; l’équilibre retrouvé, la vie, explosent dans les mesures paires aux rythmes croissants du quatrain. Le poème liminaire annonce par ailleurs les grands thèmes de l’œuvre : le malaise, lié à l’enfermement et à l’inertie, la vie associée au mouvement dans l’espace et au jeu. Le recueil explore cette dualité entre vie et non-vie, entre aspiration à l’épanouissement, au mouvement et poids du préjugé, des conventions culturelles.
La nature constitue, dans cette quête de liberté, l’adjuvant essentiel, une sorte de miroir de l’infini : « Ils [les yeux] sont conduits à la douce ondulation des cimes, et y demeurent balancés, en suspens. L’espace, l’illimité se trouve au-delà, mystérieusement caché et nous lance un appel indéfini, extrêmement captivant. »
Saint-Denys Garneau, Journal.
Elle procure aussi au poète un symbolisme simple, l’arbre lui fournit le modèle de l’esquisse et lui permet d’affirmer l’unité profonde de sa démarche artistique de peintre et de poète :
Est-il rien de meilleur pour vous chanter les champs Et vous les arbres transparents Les feuilles Et pour ne pas cacher la moindre des lumières Que l’aquarelle, cette claire Claire tulle ce voile clair sur le papier.
Saint-Denys Garneau « L’aquarelle », Regards et jeux dans l’espace.
Conscient de sa propre misère, douloureusement hanté par la mort, il recherche dans l’épure la beauté qui permettrait d'échapper au néant :
Je suis une cage d’oiseau Une cage d’os Avec un oiseau L’oiseau dans ma cage d’os C’est la mort qui fait son nid…
Saint-Denys Garneau, « Cage d’oiseau », Regards et jeux dans l’espace.
Héritage d’un catholicisme qu’il ne reniera jamais, nostalgie du paradis perdu, c’est l’image de l’enfant qui vient incarner l’idéal tant recherché. L’enfant qui joue, c’est le poète qui crée, l’enfant opprimé dans son désir de danser, c’est la fantaisie brimée par la société. Le jeu, l’espace sont les symboles clés d’une poésie de la liberté qui élève la fragilité de son chant contre les rigueurs de la société. :
Mes enfants, vous dansez mal
Il faut dire qu’il est difficile de danser ici
Dans ce manque d’air
Ici sans espace qui est toute la danse
Saint-Denys Garneau, « Spectacle de la danse », Regards et jeux dans l’espace.
Incompris, mal jugé, le poète préférera le silence à la danse des mots qu’il avait si magnifiquement orchestrée. Son silence, sa mort prématurée en feront une icône à la manière de Rimbaud.
Saint-Denys Garneau

lundi 21 février 2011
Musset, l'enfant terrible du romantisme
L'enfance

mercredi 9 février 2011
Florian, Jean-Pierre Claris de, 1755 - 1794.
Le 6 mars 1755, Jean-Pierre Claris de Florian voit le jour au château de Florian, dans le Languedoc. Sa mère meurt l’année suivante. Malgré ce drame, le jeune Florian mènera une vie heureuse et libre dans la propriété familiale.
Jean Pierre a dix ans, son éducation est confiée à son oncle, Philippe-Antoine de Claris, marié à une nièce de Voltaire. Le jeune Florian, séjourne à Ferney, chez le grand philosophe, en compagnie de ses oncle et tante, puis s’installe chez eux, dans le quartier du Marais à Paris.
En 1768, il est admis en tant que page chez le Duc de Penthièvre, qui va lui faire découvrir l’univers de la cour. Florian entre à l’école militaire de Bapaume en 1771. Il en sort lieutenant mais la littérature l’attire plus que l’armée.
En 1779 sa première comédie, Les deux Billets, est bien accueillie par la critique. En 1782, avec, Voltaire et le serf du Mont-Jura, poème satirique, Florian condamne la servitude. L’œuvre est récompensée par l’Académie. Une nouvelle comédie, les Jumeaux de Bergame obtient un véritable triomphe. L’année suivante, Florian publie un conte en vers inspiré d’une nouvelle de Cervantès, Galatée. Florian y révèle son talent pour la pastorale. L’œuvre est précédée d’une préface qui retrace la vie de Cervantès.
Auteur désormais en vogue, Florian fréquente le salon de madame de la Briche. Il rédige, en 1786, un roman épique Numa Pompilius, il recherche la caution de l’épopée pour appuyer ses ambitions littéraires, il veut en effet obtenir un siège à l’Académie française mais son épopée est mal accueillie aussi bien par les critiques que par la reine à qui l'ouvrage était était pourtant dédié.
En, 1788, Florian revient à la pastorale avec Estelle, l’ouvrage remporte un succès considérable. Promu lieutenant-colonel, notre auteur succède, à l’Académie française, au cardinal de Luynes. En 1789, alors que la révolution gronde, Florian se lance dans la composition du recueil des Fables. Florian devient commandant en chef de la garde nationale de Sceaux en 1791. Les Fables précédées d’un essai sur le genre de l’« apologue », intitulé De la fable sont éditées en 1792 et obtiennent un grand succès. Florian entreprend alors de traduire et d’adapter le Don Quichotte de Cervantès.
Arrêté sur ordre du comité de salut public, en 1793, Florian est relâché après la chute de Robespierre, en 1794 mais, durement éprouvé par son séjour en prison, il succombe aux atteintes de la phtisie qui le mine depuis plusieurs années.mardi 8 février 2011
Le haïku
1. Définition
Le haïku (on dit aussi "haïkaï") est un poème à forme fixe d’origine japonaise. Il se compose de trois vers qui font respectivement cinq, sept et cinq syllabes.
2. Le haïku japonais Né aux environs du Xe siècle le haïku fut longtemps une sorte de jeu, un poème destiné à attirer l’attention par un trait d’humour, l’évocation d’un détail insolite. Au XVIIe siècle, le moine Matsuo Munefusa plus connu sous le nom de Bashô s’appuie sur la tradition du bouddhisme zen pour faire du haïku un exercice spirituel. Le haïku deviendra cette parole qui a pour fonction de rappeler les vertus du silence et la vanité de toute parole. Le haïku se plait à évoquer la nature et, après Bashô, la règle s’établit de signifier par le biais d’un mot ou d’un indice indirect, l’une des quatre saisons.
Ce chemin, Personne ne le prend Que le couchant d’automne. Bashô, cité par Henri Brunel, Les haïkus, Librio. | Piège à pieuvre Rêves voltigeant Lune d’été Bashô, in Fourmis sans ombre, le livre du haïku, Phébus. |
« Les Japonais apportent, disait Paul Claudel, dans la poésie comme dans l’art une idée très différente de la notre. La nôtre est de tout dire, tout exprimer […] Au Japon, au contraire, sur la page écrite ou dessinée la part la plus importante est toujours laissée au silence » et de fait le haïku apparaît bien comme une césure dans le silence de la page blanche.
3. Le Haïku en France
Le premier recueil de haïkus français, Au fil de l’eau, est réalisé par Paul-Louis Couchoud de retour d’un voyage au Japon et deux de ses amis Albert Poncin et André faure. Mûri au cours d’un voyage en péniche effectué par les trois amis, le recueil circule, sans nom d'auteur dans le Paris de 1905 qui a déjà succombé à la mode des japonaiseries.
| Le vieux canal Sous l’ombre monotone S’est vert-de-grisé Au fil de l’eau, Mille et une nuits. | Le pasteur A pris pour bonne Une jolie catholique Au fil de l’eau, Mille et une nuits. |
En 1920 la NRF publie une anthologie du haïku, dans laquelle figurent des poèmes d’Eluard, Caillois…« Onze haïkaï » de Paul Eluard.
Une plume donne au chapeau Un air de légèreté La cheminée fume
Eluard, « 11 », Pour vivre ici, onze haïkaï.
Claudel, ancien ambassadeur au Japon, publie ses réflexions sur la culture japonaise dans L’Oiseau noir dans le soleil levant (1929) mais c’est avec Cent phrases pour un éventail qu’il s’exerce à l’art du haïku et rend hommage au Japon en plaçant son texte en regard d’idéogrammes composés par des artistes japonais. C’est à partir des années soixante-dix que le haïku suscite en France un regain d’intérêt. Si les contraintes formelles initiales sont rarement respectées, la concision de l’expression, une certaine dimension intemporelle, une interpellation ontologique demeurent.
Eugène Guillevic (1907-1997) réfractaire à l’image utilise volontiers une forme condensée du haïku pour interroger les mystères de la nature :
| L'eau Dans l'étang Est occupée À garder le temps. Guillevic, Sphères. |
| Feuille de lierre dans le courant sait-elle où elle va ? Yvon Le Men, Le chemin de halage. | la nuit ne tombe pas elle descend dans le jour Yvon Le Men, Le loup et la lune. |
L’anthologie récente de Jean Antonnini, les nombreuses associations de poètes amateurs présentes sur le web traduisent l’engouement grandissant pour un genre.
dimanche 23 janvier 2011
La poésie au XIXe
1/ Le romantisme
Les poètes romantiques se regroupent autour de Victor Hugo qui sera le chef de file du mouvement. Ils sont enthousiasmé par la poésie lyrique de Lamartine qu’ils prennent pour modèle. Ils composent des poèmes mélancoliques qui exploitent le thème du mal dusiècle Ils introduisent des thèmes nouveaux : l’exotisme et le rêve .
Les romantiques apportent peu d’innovation dans la forme ; Victor Hugo revendique le triètre , un alexandrin à trois accents.
| Lamartine | Les Méditations poétiques | 1820 |
| Vigny | Poèmes antiques et modernes | 1826 |
| Hugo | Les Orientales Les Rayons et les ombres | 1829 1840 |
| Nerval | Odelettes Les Chimères | 1834 1854 |
| Musset | Poésies Nouvelles | 1850 |
2/ Le Parnasse
Les Parnassiens refusent les excès du lyrisme et préconisent une poésie impersonnelle . Ils recherchent des formes parfaites, évoquent des paysages lointains ou des scènes historiques.
| Gautier | Emaux et Camés. | 1852 |
| Leconte de Lisle | Poèmes antiques Poèmes Barbare | 1852 1862 |
| Heredia | Les Trophées | 1893 |
3/ Le symbolisme
Les symbolistes, inspirés par Baudelaire recherchent les correspondances entre le monde d’ici-bas et le monde spirituel . Ils refusent le réalisme et le goût des parnassiens pour une poésie formelle.
Le paysage exprime leurs états d’âme et les symbolistes privilégient la musicalité.
Le grand poète symboliste est Mallarmé (Poèmes, 1899) ; Rimbaud, Verlaine et Tristan Corbière se rapprochent du mouvement sans y adhérer.
| Verlaine | Poèmes saturniens Fêtes galantes Romances sans parole | 1866 1869 1874 |
| Rimbaud | Une Saison en Enfer « Voyelles », « Oraison du soir », « Les Assis », « Les Effarés », « Les Chercheuses de poux », « Le Bateau ivre » seront publiés dans Les Poètes maudits de Velaine | 1873 1884 |
| Corbière | Les Amours jaunes | 1873 |
Les symbolistes (Verhaeren en particulier) utilisent le vers libre.
Les jeux du coeur et de la parole (Le Théâtre du XVIIe siècle au XXIe siècle)
XVIe XVIIe Shakespeare , Roméo et Juliette, Pocket; Le Songe d'une nuit d'été , Le Livre de Poche; Le Marchand de Venise, Beau...
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